Le terrain est vierge et le champ large : nous apprécions la liberté inhérente à ce programme. Et la situation centrale du campus nous semblait de bon augure pour recentrer l’université autour d’un pôle de vie et d’accueil avenant.
Le projet vient donc se camper solidement sur cet espace libre. Un large socle constitue le restaurant universitaire, comprenant un rez-de-jardin et un étage. Le rez-de-jardin est tourné vers le campus et longé par une large galerie orientée sud-ouest, abritée par le porte-à-faux d’un plateau massif posé sur des poteaux très espacés. La terrasse de la brasserie accompagne ce cheminement et peut se déployer largement à l’air libre sur le linéaire. Le premier étage, dédié à l’espace de restauration des étudiants et à la salle polyvalente, est aussi largement vitré, assurant une transparence entre le campus et la ville. De plus, nous l’éclairons de l’intérieur par un patio planté qui procure un important apport de lumière zénithale et vient distribuer ce vaste plateau en différents espaces plus intimes.
Au-dessus du volume principal de la restauration, nous disposons six maisons en duplex, de construction légère, revêtues d’un bardage de bois, alliant simplicité et confort, formant deux rangées parallèles et dégageant un jardin central. Elles ont vocation à créer un mode de vie convivial, presque familial. Nous avons opté pour ce fonctionnement plus resserré pour favoriser les échanges entre étudiants et chercheurs d’autant plus qu’elles communiquent entre elles au niveau supérieur grâce à de passerelles métalliques légères.
Notre proposition architecturale répond aussi au principe d’une totale indépendance de fonctionnement entre le restaurant universitaire et la résidence internationale. Les deux ensembles sont donc clairement identifiés, dans leur structure comme dans leur fonctionnement ; ils s’articulent autour d’un pôle d’accueil regroupé, qui joue à la fois un rôle de charnière et de liaison avec le reste de l’université, notamment par la création de la passerelle. En raison de l’affluence attendue, une bonne organisation de l’accueil et une gestion des flux optimale nous semblaient primordiales.
Dans ce projet s’entrelacent plusieurs notions architecturales contemporaines, celle de la fragmentation et de l’échelle « individuelle » dans une macro-structure, celle du développement durable (quand bien même la certification HQE n’est pas obligatoire), et enfin celle du « paysage vertical ».