JF Schmit : atelier d'architecture et création industrielle

Construction du musée des télécommunications à Pleumeur-Bodou (22)

Deux fois lauréat, le projet aurait dû poindre sur le site historique abritant le premier radôme de France Télécom reliant la France au Etats-Unis, aujourd’hui obsolète. La lande bretonne s’étend autour de la sphère et la parcelle en résulte marquée par une importante déclivité. Elle est en outre constellée d’imposants blocs de granit mouchetés de grosses tâches : la parmelie des murailles, lichen jaune et frisé, assaille et lape la pierre de la région, lui offre une teinte solaire et acide.

Grâce à la souplesse du bâti, nous aurions respecté la déclivité du terrain, en intégrant de surcroît les blocs de granit au projet : il n’y aurait d’autre intervention paysagère que la construction du mur du plan d’arrivée en contrebas du musée.

Afin de complexifier l’aspect horizontal de l’ensemble, nous avions introduit un belvédère fuselé depuis lequel on aurait pu admirer à la fois le site et le radôme.

Le principe du musée résidait dans la découverte progressive de l’histoire des télécommunications à travers une promenade se lovant autour de la sphère.

Le choix d’un éclairement zénithal et naturel aurait été assuré par un système de microsheds dont la partie interne, incurvée, aurait servie de réflecteur de lumière. Une surtoiture constituée de plaques de GRC (béton de fibre de verre) couvrait les sheds. Afin de pouvoir l’ensemencer au préalable de spores de lichen la couvrant sporadiquement, nous avions à l’époque fait appel à un lichenologue ; le projet devait en effet jouer avec sa vocation culturelle et technologique et une peau donnant l’impression d’être sous l’emprise d’une douce corrosion, grignotée de proche en proche par la sauvagerie du site.

Enfin, une oeuvre de Max Neuhaus, plasticien acoustique, devait se fondre dans les alentours du musée. Cette installation de capteurs-émetteurs dans l’environnement naturel s’inscrivait dans la dynamique et le vocabulaire architectural très contemporains que nous aurions voulu insuffler à ce projet.

Photo Construction du musée des télécommunications à Pleumeur-Bodou (22)